Cancel Preloader

Industrialisation au Bénin, l’heure de la montée en gamme

 Industrialisation au Bénin, l’heure de la montée en gamme

Le cajou béninois valorisé, de nombreux emplois créés

Ananas, karité, cajou, arachide, coton…le Bénin est fort d’une diversité de filières agricoles dont il tire de plus en plus profit grâce à une vision industrielle structurée.

Bidossessi Oslo WANOU

Depuis environs cinq ans, le pays renforce son tissu industriel. Porté par la vision d’une transformation structurelle de l’économie, un tissu industriel plus fort basé sur des secteurs agricoles clés se crée.

On note l’accélération et la transition d’une économie agricole traditionnelle vers la création de valeur. Cette mutation, portée par des investissements massifs, une politique industrielle marquée par l’essor de projet de zone  comme la Glo-Djigbé Industrial Zone (GDIZ), redéfinit progressivement la place du pays dans les chaînes de valeur régionales et internationales. De nouvelles capacités de transformation dans le coton, le soja, le cajou ou encore l’ananas annoncent l’émergence d’un tissu industriel plus compétitif et mieux structuré. Le secteur autre fois tournée vers la subsistance se trouve au cœur d’une dynamique économique forte.  Avec l’installation de plus de 200 entreprises annoncées dont près d’une cinquantaine déjà en place, et une spécialisation progressive dans le textile, l’agroalimentaire et les produits à forte valeur ajoutée, la GDIZ s’impose comme le levier central de la montée en gamme béninoise. La zone offre un environnement industriel intégré : énergie stable, logistique moderne, guichet unique, incitations fiscales et main-d’œuvre déjà en formation.

Sur le segment textile, la transformation locale du coton, première culture de rente depuis les indépendances positionne davantage le Bénin. Aux Etats-Unis comme en Europe,  la GDIZ traite avec des marques de grande surface. Mieux, la Fédération internationale de football et associations a fait confiance au Bénin à travers une part des commandes de maillots et équipements pour les prochaines Coupes du Monde (2026). Au-delà de l’égrenage, des unités textiles surplace au Bénin  produisent désormais fil, tissus, vêtements et produits finis destinés à l’exportation. Ce repositionnement est la matérialisation de l’ambition du gouvernement béninois de transformer au moins 30 % de la production nationale de coton dans les années à venir,  pour capter une partie de la valeur ajoutée jusque-là exportée.

 Soja : une filière en expansion qui s’industrialise

Le soja bénéficie aussi de cette réorganisation industrielle. Les unités locales produisent huiles raffinées, tourteaux destinées à l’Asie et à l’Europe. Cette dynamique à l’interne permet d’améliorer les marges et de sécuriser les revenus des producteurs. Tout comme dans le cas du coton,  l’industrialisation du soja répond à une logique économique ; réduire les pertes de valeur liées à l’exportation brute ; positionner le Bénin sur un segment d’export plus résilient, moins soumis aux fluctuations des marchés mondiaux.

 Cajou : Fludor et Tolaro, deux preuves d’industrie transformative ambitieuse

Dans la filière cajou, la transformation industrielle connaît un tournant majeur. Le Bénin, parmi les principaux producteurs africains, renforce depuis cinq ans sa capacité de transformation grâce à des acteurs spécialisés comme Fludor Bénin, l’un des leaders continentaux du secteur. Fludor ne se limite plus au simple décorticage. L’entreprise produit également le baume de cajou, un dérivé qui exige un certain professionnalisme et  dont la demande explose dans des secteurs de pointe tels que l’aéronautique, les matériaux composites et certaines industries chimiques comme la peinture.  Ce positionnement différencié confère au pays un avantage comparatif rare sur un marché dominé par l’Asie.

Tout comme Fludor, Tolaro conforte les atouts industriels du Bénin dans la filière. Tolaro, ou plus précisément Tolaro Global, également leader dans la transformation de la noix de cajou, depuis 2010, valorise les noix de cajou biologiques de producteurs locaux en les transformant en divers produits finis (amandes, farine, purée) destinés à l’exportation, tout en contribuant au développement économique de la région. Elle propose des amandes de cajou (grillées, salées, croquantes), de la farine de cajou, ainsi que de la purée et du beurre de cajou. Tolaro Global, c’est un réseau d’environ 7 500 producteurs de cajou, une orientation axée sur la certification biologique et le commerce équitable. Les produits finis de l’entreprise  sont ont réussi à s’imposer aujourd’hui sur des marchés premium en Europe et aux États-Unis.

Ananas, jus et produits fruitiers : émergence d’un secteur compétitif

La filière ananas, déjà connue pour sa variété « Pain de Sucre », consolide elle aussi son industrialisation. Des unités produisent jus, confitures, fruits séchés, sirops et conserves premium destinées à la distribution locale et à l’exportation régional. Parmi les marques les plus visibles, les jus IRA demeurent un pionnier du marché local, avec un positionnement axé sur la qualité et l’hygiène.  Au délà du Bénin, les IRA sont au cœur des grands rendez-vous au Nigéria, un pays où le taux de musulman est élevé. Les fruits Tillou, autours basés sur le plateau d’Allada sont également valorisés dans plusieurs produits artisanaux et semi-industriels, renforcent le lien entre terroir, transformation et marché urbain. A ces marques phares, viennent se greffer de nombreuses unités semi-industrielles ou semi-artisanales avec des productions certifiées.  Dans ce registre, l’OAPI a certifié et accordé aux produits tels que l’huile d’arachide ‘’ Azimi’’ d’Agonlin, très nutritive ; le gari raffiné « Sohui » de Savalou répandu dans le département des Collines et ailleurs au Bénin, leurs Certificats d’Indication Géographique Protégée (IGP).  On ne peut oublier le karité qui, grâce au projet PARASEP a acquis aussi une certaines notoriétés. Une unité semi-industrielle installée  à Badékparou à l’entrée de Parakou au Nord du Pays s’y consacrent avec des produits cosmétiques et autres bien de grande nécessité.  En clair, la transformation industrielle des filières agricoles est le résultat d’une stratégie économique construite sur des axes irréversibles. Avec cette gamme de produits dont nombre sont authentiquement béninois, le pays aura de quoi s’aventurer sur le marché unique, concurrentiel et exigent de la Zone de Libre Échange Continentale Africaine (ZLECAF)•

Marketis

Articles Relatifs

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *